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Un an après la chute
de Saddam, le chaos s'installe en Irak
(09/04/2004)
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BAGDAD
(AFP) Un an après la chute de Saddam Hussein, le
chaos s'installe en Irak avec des combats dans
plusieurs régions entre forces américaines et
insurgés, qui recourent aussi à des
enlèvements.L'événement
De fortes explosions suivies d'échanges de tirs ont
été entendues au centre de Bagdad vendredi soir,
pour la quatrième nuit consécutive, ont constaté des
journalistes de l'AFP.
Les affrontements ont fait depuis le début de la
semaine des centaines de morts côté irakien et plus
de 40 morts côté américain, alors que plusieurs
membres du Conseil de gouvernement transitoire
irakien ont annoncé leur démission ou la suspension
de leur participation à cette instance mise en place
par l'Autorité provisoire de la coalition dirigée
par Washington.
Deux soldats américains ont été tués et 13 blessés
vendredi dans deux attaques distinctes près de
Bagdad, selon le Commandement central américain (Centcom).
Par ailleurs, le Centcom rappelle la mort jeudi de
quatre Marines de la 1ère force expéditionnaire de
Marines dans la province d'Al Anbar, sans préciser
dans quelle localité, alors qu'ils participaient à
une opération de "sécurité et de stabilisation".
Un ancien soldat britannique devenu garde de
sécurité pour une entreprise privée américaine en
Irak a été tué jeudi près de Hit, à 150 km à l'ouest
de Bagdad, a-t-on appris auprès de son employeur et
de ses proches.
Dans le nord, le siège du gouvernorat de Mossoul a
été attaqué après la prière du vendredi par des
dizaines d'assaillants qui ont été repoussés par la
police et la défense civile, a indiqué à l'AFP
Hachem Hamadani, membre de l'exécutif du
gouvernorat.
Vendredi, jour anniversaire de la prise de Bagdad
par les Américains, un membre chiite du Conseil de
gouvernement irakien, Abdel Karim al-Mohammadaoui, a
annoncé avoir suspendu sa participation après avoir
rencontré à Najaf le chef radical chiite Moqtada
Sadr.
Il s'agit du premier membre chiite du Conseil à
annoncer une telle décision.
Deux autres membres de cette instance ont menacé de
faire de même en raison des affrontements sanglants
entre troupes de la coalition et miliciens de
Moqtada Sadr dans les villes chiites du sud d'une
part, et les combattants de la guérilla sunnite à
Falloujah (50 km à l'ouest de Bagdad), d'autre part.
Il s'agit des sunnites Ghazi Ajil al-Yaouar et
Mohsen Abdel Hamid.
Parallèlement, deux ministres irakiens ont
démissionné jeudi et vendredi, Nouri Badrane
(Intérieur) et Abdel Bassat Turki (Droits de
l'homme).
Les combats se sont poursuivis vendredi à Falloujah
où plus de 400 Irakiens seraient morts depuis
l'offensive américaine lancée lundi, destinée à
retrouver les auteurs d'une attaque de la guérilla
qui a tué quatre gardes de sécurité américains il y
a huit jours.
Un membre sunnite du gouvernement provisoire, Adnane
Pachachi, a déclaré sur la chaîne Al-Arabiya, basée
à Dubaï, que l'opération américaine contre Falloujah
était un acte "illégal et totalement inacceptable".
Ces derniers jours, la guérilla qui s'attaquait
jusqu'ici aux troupes coalisées et aux forces
irakiennes coopérant avec celles-ci, a adopté la
tactique des enlèvements.
Six étrangers, enlevés tant dans les régions
sunnites que chiites, étaient toujours retenus en
otages vendredi: deux coopérants et un photographe
japonais, deux Palestiniens, l'un naturalisé
israélien et l'autre de nationalité canadienne, et
un consultant civil britannique.
Le porte-parole de l'administrateur américain Paul
Bremer a affirmé vendredi que la coalition refusait
tout contact avec les ravisseurs.
Le Japon a annoncé qu'il ne retirerait pas ses
troupes d'Irak, malgré l'enlèvement de ses
ressortissants que leurs ravisseurs menacent de
brûler vifs.
Le Département d'Etat américain a indiqué redoubler
d'efforts pour retrouver les otages japonais, et
ajouté ne pas être au courant de prises d'otages
américains en Irak, à la suite de rumeurs faisant
état de kidnapping de quatre Italiens et deux
Américains.
Moqtada Sadr a appelé le président américain George
W. Bush à retirer ses troupes d'Irak ou à faire face
à une "révolution".
"Je m'adresse à mon ennemi Bush. Tu combats
maintenant toute une nation, du sud au nord, d'est
en ouest, et nous te conseillons de retirer (les
troupes) d'Irak", a-t-il lancé dans un prêche lu par
un représentant à Koufa (centre).
En vacances de Pâques dans son ranch de Crawford
(Texas, sud), M. Bush a réaffirmé sa détermination à
vaincre les milices chiites, après un entretien par
téléphone avec le Premier ministre italien Silvio
Berlusconi, le président polonais Aleksander
Kwasniewski et le président du Salvador Francisco
Flores, trois pays présents en Irak aux côtés des
Etats-Unis et de la Grande-Bretagne.
La milice de Moqtada Sadr a pris le contrôle de la
ville sainte de Najaf (centre) et de la localité
voisine de Koufa. Elle contrôle aussi les postes de
police de la ville sainte de Kerbala, où des
milliers de pélerins chiites sont attendus pour
célébrer dimanche une importante fête religieuse
dédiée à l'imam Hussein dont la tombe se trouve dans
la ville.
M. Bremer a annoncé vendredi la suspension de
l'offensive américaine contre Falloujah pour, a-t-il
dit, "permettre la tenue d'une rencontre de membres
du Conseil de gouvernement irakien et de dirigeants
musulmans locaux avec les chefs des forces
anticoalition".
Un journaliste de l'AFP a constaté que la guérilla
contrôlait vendredi l'autoroute entre Abou Gharib et
Falloujah, soit une trentaine de kilomètres où
circulaient des centaines d'hommes armés de
lance-roquettes RPG et de Kalachnikov.
La Russie a appelé à la cessation des opérations
militaires en Irak et souligné que les forces de la
coalition s'étaient engagées à ne pas recourir à
"une utilisation disproportionnée de la force".
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